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Accueil Qu'est-ce que le Pays ? Interview de Jean-Luc Petre

Interview de Jean-Luc Petre

Présentation de l'Association Pôle Bois Ardennes à l'occasion du Salon du Bois

M. Pêtre, vous êtes Président de l’association Pôle Bois Ardennes, pouvez-vous nous la présenter ?
Jean-Luc Pêtre :
C’est une association issue de la démarche de Pays des Crêtes Préardennaises. Elle a 11 ans d’existence et œuvre pour la vulgarisation de l’utilisation du matériau bois sous toutes ses formes.

Quels missions vous êtes-vous fixez ?
J-L. P. : Des missions simples mais ambitieuses : relancer une véritable culture du bois, valoriser les métiers du bois et de la forêt auprès des jeunes, promouvoir le bois dans la construction et enfin développer la filière économique du bois.

Parlez-nous du Salon du Bois que vous organisez encore une fois cette année (14-15 mai). Quelle est son origine ?
J-L. P. : L’association Pôle Bois Ardennes, en partenariat avec la Communauté de Communes des Crêtes Préardennaises organise depuis 2002 un salon de la construction et des métiers du bois et de la forêt. Ce premier salon du genre dans le département, a pour but de sensibiliser les habitants à l’utilisation du bois dans la construction. Il accueille gratuitement les entreprises et organismes de formation représentatifs de l’ensemble de la filière utilisatrice du bois. Il est gratuit et ouvert au grand public. En 2008 et 2009, le salon a été orienté plus particulièrement vers la construction bois afin de mieux répondre aux interrogations des visiteurs. En 2010, le bois énergie a occupé le devant de la scène. En 2011, les 14 et 15 mai, le salon quitte Signy l’Abbaye pour Launois sur Vence (relais de postes). La gestion et l’exploitation de la forêt, l’utilisation du bois en intérieur et extérieur, la construction, le bois matériau isolant, le tourisme forestier, … seront quelques uns des thèmes majeurs de cette année.

Cette année, le salon fête son dixième anniversaire ! Un beau succès non ?
J-L. P. : Oui car ce salon est avant tout un lieu de rencontre et d’échanges entre le public et les artisans (PME et industries). Il existe surtout pour les professionnels qui veulent rencontrer une clientèle intéressée.

A ce titre, quelles sont les actions de sensibilisation à mener selon vous ?
J-L. P. : L’outil de travail de l’association est la charte forestière de territoire, volet forestier de la charte de développement du Pays des Crêtes. Un programme d’actions basé sur les missions citées ci-dessus a été engagé avec l’aide des financeurs co-signataires de la charte. Les actions visant donc à construire avec le bois doivent être pérennisées, notamment auprès des collectivités, architectes, concepteurs et constructeurs. L’association a ainsi travaillé pour l’utilisation du bois dans la construction (maisons d’habitation, hangars agricoles …), utilisation du bois énergie (bûche, plaquettes, granulés) ; l’animation et la sensibilisation aux métiers dans les milieux scolaires et centres de loisirs.

On dit que la forêt reste sous exploitée, pourquoi ?
J-L. P. : Les forêts de surface supérieures à 20 ha sont dotées d’un plan de gestion permettant de récolter un certain volume annuel de bois sans nuire à leur pérennité. Restent les petites parcelles boisées appartenant à des particuliers qui, faute de desserte ne sont pas exploitées. C’est à mon sens la principale exploitation de cette sous-exploitation.

Comment pourrait-on mieux valoriser cette richesse ?
J-L. P. : La valorisation du matériau bois nécessite de le transformer localement avant de l’exporter. Autrement dit, exportons des planches, plots, panneaux ou meubles au lieu d’exporter de la grume ou des billons. Pour ce faire, il faudrait créer un centre de ressources permettant de regrouper les initiatives des professionnels. D’autre part, la valorisation du bois passe par une phase importante : le séchage. L’idée serait de mettre à disposition des professionnels locaux une unité de séchage avec possibilité de traitement thermique du bois. Enfin, créer une scierie de hêtre sur notre territoire est une piste de valorisation. En effet, dans les forêts des Crêtes Préardennaises, le hêtre domine et notre pays ne dispose pas de scierie de hêtre !

 Au final l’importance de la forêt Ardennaises est-elle une chance pour nos entreprises et notre territoire ?
J-L. P. : La chance pour notre territoire est de disposer d’un matériau naturel et diversifié de par la variété des essences présentes. Il reste à installer ou maintenir un tissu d’artisans et d’entreprises pour le transformer sur place.

La question environnementale est au cœur des débats. Comment le bois peut-il répondre à ces enjeux ?
J-L. P. : La forêt est une « usine » fonctionnant  à l’énergie solaire. Bien sûr, il faut plus de cent ans pour fabriquer un hêtre récoltable soit environ 10 m3 de bois. Le bois est véritablement un matériau naturellement renouvelable.

Le territoire (et plus largement le département) vous semble-il en avance ou en retard sur ces questions ?
J-L. P. : Plutôt en avance, les Ardennes sont département pilote pour le plan Bâtiment Grenelle Environnement. D’autre part, le schéma des énergies renouvelables du département montre qu’en 2008, la combustion de bio masse a permis d’éviter l’émission de 150 000 tonnes équivalent gaz carbonique. La construction bois est bien présente mais n’est pas encore totalement vulgarisée.

Que peut-on vous souhaiter pour les années à venir ?

J-L. P. : On a coutume de dire que nous empruntons la forêt de nos petits enfants et arrière petits enfants. N’oublions pas que nous récoltons la forêt de nos arrière grands parents et que ce « cadeau » doit être une ressource de développement pour notre territoire.